Denis / 2009

Denis, jeune trentenaire introverti, décide de traverser la France en solex après la mort de son père. Il part à la rencontre d’un ancien ami de son père, aux Granges de Vetisir dans les Pyrénées..

 « À tout juste 20 ans, dans la foulée de mes études de cinéma, je me lance dans l'aventure d'écrire, produire et réaliser mon premier

long-métrage, suivant le précepte de François Truffaut : « Si tu veux faire du cinéma, prends une caméra... »


Produit par : Matthieu Boivineau

Avec : Jacques Philippe, Jean-Pierre Granet, Philippe Mareuil, Théo Chavannes, Esther Wilcox

Images : Yvain Bois et Maud Lemaistre

Son : Paul Iche et Jean Noel Toubon

BO : Antoine Jannault et Norca

Durée: 1h35  Tourné en HD

Distribué par : Les Films à Fleur de Peau 

 

Sortie en salles le 7 octobre 2009

La page Allociné

La critique de Télérama

Voir le film en intégralité (mot de passe : denis)

TEASER

 NOTE D'INTENTION

Un homme. Juste un homme. Pas un héros, mais un type comme les autres, rempli de peurs, de rêves et de problèmes….Voilà ce qu’est mon premier film. J’ai voulu accrocher ma caméra au plus proche d’un rêveur, qui vit dans son monde. Plonger dans l’intimité d’un solitaire, le comprendre, et l’accompagner sur la route. Mon film évoque aussi cette ambiguë relation père et fils, ce lien aussi difficile à entretenir qu’à déchiffrer. Denis comprendra son père trop tard, mais il trouvera ce qu’il cherchait. Je crois que cette histoire est aussi la mienne, la difficulté de savoir qui l’on est, prendre conscience de son existence. Mais j’ai l’intime conviction que cette aventure est en chacun de nous..

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​D'UN FILM AUTOPRODUIT À UNE SORTIE NATIONALE

Denis est d’abord né d’une rencontre. Allant à l’université, je croise un voyageur en vélo. Timide et pas très sûr de lui, il boit une canette de soda. Son vélo est posé contre le trottoir. Le porte-bagages est fais de sacs en plastique accrochés par de vieilles ficelles. Il semble rouler depuis un moment. Il regarde autour de lui, puis jette quelques coups d’oeil à sa canette, probablement curieux de connaître les ingrédients de sa boisson. Aux antipodes de l’image qu’on peut avoir d’un baroudeur, cette situation décalée m’a touchée et inspirée. J’ai alors essayé d’imaginer d’où il venait et surtout où il allait….

 

Après un an d’écriture, j’entreprend de produire moi-même Denis. Cette décision entraînait forcement plus de difficultés financière et logistiques, mais j’avais envie de cette liberté et je ne tenais pas à attendre des années avant de faire ce film. Je décide donc de poser une candidature Défi Jeunes en 2005 en région Poitou-Charente, j’obtiens. 3500 euros. Je savais ce jour là que j’allais pouvoir réaliser Denis.

Je compris évidemment plus tard que 3500 euros n’allais pas suffire.

 

Par le biais d’Internet, je rencontre Jacques Philippe, l’acteur principal. Après un café et un essai dans un supermarché ( je lui ai demandé de faire les courses comme Denis les ferait ), il accepte de me suivre dans l’aventure. Entre temps, quelques ventes de tee-shirts à l’effigie du film me permettent de financer des repérages dans les Pyrénées.

 

Après mes examens de fin d’étude, une petite équipe se constitue. Nous préparons le tournage pendant 2 mois. 4 semaines de tournages sont prévus. Le Lycée de l’Image et du Son d’Angoulême, où j’ai complété mon BTS, nous prête l’ensemble du matériel. L’équipe est constituée d’amis, d’étudiants en cinéma et de professionnels rencontrés lors de mes premières piges en régie. Aussi l’association vidéo créée avec des amis vidéastes au lycée, Orféo Production, m’apporte la structure administrative.

 

Entre août et septembre 2005 nous partons tourner sur les routes. Vadrouillant entre Rennes, Châteaubriant, Nantes, Angoulême et  les Landes, nous achevons le tournage par une semaine dans les Hautes-Pyrénées. Il y eu évidemment de nombreux problèmes logistiques et financiers. Le tournage a failli être arrêté, mais grâce à des donateurs privés – que je ne cesserais de remercier – nous avons pus tourner l’ensemble du scénario et même un peu plus.

 

Il m’a fallu ensuite un an pour faire le tri des 70h de rushs et aboutir à un montage final. Pour la suite, je toque aux portes des studios parisiens pour réaliser l’étalonnage . Les Lapins Bleu et Captain Vidéo m’aident gracieusement. Et c’est donc le 27 janvier 2007, au cinéma Atlantic Ciné de Châteaubriant, où j'ai travaillé pendant le lycée en tant qu'ouvreur, que je présente pour la première fois Denis.

 

Après le très bon accueil du public, je décide d’organiser une projection à Paris pour convaincre un distributeur de donner une vie en salles à Denis. Encore une fois, je toque à toutes les portes. Une seule salle, l’Action Christine, dans le 6ème arrondissement, accepte d’accueillir le film pour quelques jours afin de le présenter aux producteurs et distributeurs. Jean-Marie Rodon, gérant de l’Action Christine et Action École, accepta le film sans l’avoir vu, touché par ma démarche singulière.

 

Parmi les producteurs présents lors des projections, Franck Llopis, producteur et distributeur des Films à Fleur de Peau, me fit part très vite de l’intérêt qu’il portait au film.  Ainsi, le 7 octobre 2009, Denis sort en salles dans une dizaines de salles à Paris et en Province. Une petite sortie, mais un public au rendez-vous, 14 000 entrées.

 

Ce projet reste l’aventure le plus intense que j’ai pus vivre. J’ai eu une vrai liberté artistique, un investissement personnel sur plusieurs années, des rencontres incroyables…. et j'ai surtout appris énormément.

 

 

Matthieu Boivineau